La fabrication de ciment est un secteur prédominant de la filière béton. Il s’agit d’un secteur oligopolistique constitué seulement de cinq cimentiers : Ciments Calcia, Lafarge Ciments, Holcim France, Vicat et Kerenos. Les lourds investissements initiaux et la nécessité d’atteindre une taille critique font que cette activité est une des plus capitalistiques de l’industrie. La dépendance vis-à-vis du secteur de la construction est totale : le débouché principal est le bâtiment (62%), suivi par les travaux publics (38%). La chute des mises en chantier suite à la crise internationale a donc eu un impact majeur sur les cimentiers. Ces derniers ont produit moins afin de diminuer leurs stocks. La production a atteint 18 Millions de tonnes en 2009, soit une chute de 15% (1). On constate une légère amélioration depuis 2010 mais les professionnels restent prudents.

Le ciment étant difficile à transporter, les sites de production se situent généralement près des lieux de consommation. La tendance ces dernières années au déplacement de population vers le sud et l’ouest de la France a donc eu un impact pour la cimenterie. Les sites de production de Clincker se maintiennent dans le nord mais certains cimentiers installent des centres de broyage au plus près du marché (comme Vicat à Fos-sur-Mer). Un autre phénomène se développe : l’installation de centres de broyage sur les ports français afin d’importer du Clincker de pays non soumis aux allocations de quotas de CO2 (Suisse, Turquie…). Cela constitue pour le SFIC une distorsion de concurrence inquiétante.

(1) SFIC


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CIMENTS CALCIA

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LAFARGE CIMENTS

  • Pays : France
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  • Position :


HOLCIM FRANCE

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  • Position :


VICAT

  • Pays : France
  • Group revenue : 444 M€ (CA France 2010)
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Président de Lafrage

Bruno Lafond
BFM Business - 21/02/2014

Stéphane Soumier
… Bruno Lafond, le patron de Lafarge. Bonjour Bruno Lafond.

Bruno Lafond
Bonjour.

Stéphane Soumier
… C'était une belle journée hier, vous avez publié vos résultats hier, vous avez pris combien, 5 % hier ?

Bruno Lafond
Un petit peu plus de 5 %, oui.

Stéphane Soumier
… Quand Lafarge prend 5 %, c'est pas une start-up, même si, sur certains éléments … vous voudriez ressembler à une start-up. Pourquoi est-ce que vous jugez que c'est une belle journée, justement, Bruno Lafond ? C'est juste un cours de bourse qui monte et qui pourrait redescendre derrière et Dieu sait que vous avez vécu cette volatilité autour de Lafarge.

Bruno Lafond
La belle journée, c'est d'abord le fait d'annoncer des résultats qui sont très solides … dans une conjoncture qui est toujours très contrastée et qui pour nous était très incertaine, notamment dans les pays développés, et notamment en Europe. La belle journée, c'est effectivement d'arriver à communiquer sur une trajectoire, pas juste sur ce qui va se passer le prochain trimestre, mais un peu plus loin. Et communiquer sur des choses qui sont en train de transformer le groupe. Par exemple, pouvoir annoncer que ... notre programme d'innovation a délivré 80 millions d'euros d'Ebitda l'année dernière et qu'on annonce un programme qui va faire 200 millions d'euros d'Ebitda cette année, pour moi, c'est formidable. ... C'est le nouveau Lafarge qui arrive, de meilleurs produits, de meilleurs services, de meilleures solutions, une attention plus grande à nos marchés, une préoccupation pour ce qui se passe dans tous les pays du monde aujourd'hui avec un produit de base qui est ... complètement réel, qui est le béton.

Stéphane Soumier
… Mais c'est quoi l'innovation sur le béton et sur le ciment, Bruno Lafond ?

Bruno Lafond
… Sur le ciment, c'est d'arriver à faire des ciments qui soient de moins en moins émetteurs de CO2, de … belle qualité écologique …

Stéphane Soumier
Parce que ça, vos clients vous le demandent … ?

Bruno Lafond
Tout ce qu'on peut faire pour réduire l'empreinte écologique de nos produits, et ... de ce qui va être fait avec nos produits, c'est-à-dire les bâtiments, la construction, c'est ... important. Et c'est là où le béton apporte son rôle, nous faisons des bétons de plus en plus écologiques, de moins en moins coûteux, qui ont des propriétés de plus en plus utiles, de solidité, de résistance, de qualité thermique, d'esthétique, de vitesse de mise en oeuvre. Donc, on peut jouer avec le béton ... parce que nous cherchons, ... parce que le béton est un matériau qui peut progresser, et que tout ça, ça va servir à faire des bâtiments ... , des villes qui vont être plus belles, ... moins consommatrices d'énergie. Et donc, on est à la fois une partie du problème, parce qu'on est industriel, et une partie de la solution aussi.

Stéphane Soumier
… L'ensemble de ces éléments, … il y a un moment que vous commencez à les développer. On pouvait se dire : OK, ça va intéresser les plus riches. … Est-ce que votre grande victoire, c'est pas de dire : avec cette logique-là, on fait 60 % de notre chiffre d'affaires dans les pays émergents ? C'est-à-dire qu’eux aussi se sont intéressés finalement à ces problématiques que vous venez de détailler.

Bruno Lafond
C'est vrai et on avait 2 directions il y a 6 ou 7 ans. La première, c'était de développer notre portefeuille géographique dans les pays émergents dans le ciment. La deuxième chose, c'était d'innover dans le béton et on a un laboratoire central de recherche en France qui est le plus beau du monde sur le béton et qui a effectivement développé un nombre incroyable de brevets depuis 5 ans. ... Ils servent à faire deux choses dans les pays émergents et dans les pays développés : à réduire la construction, à trouver des solutions à la fois pour cette catégorie de gens qui n'ont pas encore de logement décent, ... plus d'un milliard d'habitants au monde ... ou d'arriver à faire des bâtiments ou des infrastructures qui sont de plus en plus formidables. Donc, de faire monter les ouvrages en hauteur, de les faire plus efficaces en énergie, ... plus esthétiques. Mais c'est vrai pour les ponts, c'est vrai pour les routes, c'est vrai pour tout. Et le coût de la construction, on est très fortement implanté dans les pays émergents ... j'étais en Inde la semaine dernière, on arrive à délivrer du béton prêt à l'emploi dans les bidonvilles. ... En fait, au lieu de l'amener par camion, on l'amène dans des sacs en plastique ou des seaux et le béton est livré sur place à des entrepreneurs qui coulent du béton. Donc, les bidonvilles ne sont plus faits en tôles ou en bouts de bois usagés, ils sont faits en béton.  

Stéphane Soumier
Ça veut dire que vous, il a fallu que vous travailliez … la vitesse de prise de ce béton pour tenir compte du fait qu'il allait être transporté dans des seaux ?

Bruno Lafond
Il a fallu effectivement qu'on travaille à préparer un béton qui puisse tenir assez longtemps, … être livré à la porte des bidonvilles … encore liquide, bien entendu, et qui puisse être transporté. Et puis, effectivement, il y a tout le contact avec les entrepreneurs  ... qui voient l'intérêt. Parce que, pour eux, la solution sinon, c'est d'acheter du ciment, ... des cailloux. Où les stocker ? Où faire le béton dans la rue ... ?

Stéphane Soumier
… Vous êtes à la fois en contact avec des immenses constructeurs … et puis … le paysan indien qui, parce qu'il a fait une bonne récolte … va pouvoir aller s'acheter un sac de ciment de plus.

Bruno Lafond
Pour lui, on a trouvé aussi une solution. ... Il fait des maisons en terre … et nous avons maintenant des ciments, qui, mélangés à la boue, permettent à la maison, au lieu de tenir un an, de tenir cinq ans … avec un très léger surcoût. … Ce qu'on a fait de très bien ... depuis quelques années, d'abord, c'est d'avoir un programme ... et puis, ce centre de recherche qui fait tellement de découvertes, de le mettre à la disposition de ces marchés en ouvrant des laboratoires de développement dans les marchés les plus importants où nous sommes. Donc, on a en ouvert un à Bombay, ... en Chine, on va en ouvrir cette année ... au Brésil et en Algérie. Ça permet de rapprocher ... nos innovations des besoins du marché. Et ce laboratoire indien, ... il y a 360 visites par mois alors qu'il est ouvert depuis 6 mois.

Stéphane Soumier
Un mot de ce qui se passe en France … Face à cela, il y a … l'association qui défend l'ensemble des cimentiers français … qui tient un discours radicalement inverse en disant : on a trop de contraintes environnementales et on redoute … l'arrivée de ciment d'importation ... D'abord, est-ce que vous redouter l'entrée de ciment d'importation, et ensuite, qui se trompe de combat ... ?

Bruno Lafond
Moi, je ne redoute pas la concurrence … Notre ciment et nos services et notre production doit être compétitive. Si elle n'est pas compétitive, ça ne marche pas. Notre modèle est … local … parce que le coût du ciment double tous les 200 kilomètres, c'est un matériau lourd. Donc, écologiquement et économiquement, l'industrie, c'est d'investir dans des équipements pour 50 ans, il faut investir pour avoir des cimenteries qui soient le plus proche possible de leur lieu de consommation. Maintenant, de manière opportuniste, il peut y avoir des possibilités, effectivement, que des importations arrivent ... soit de l'intérieur, soit de l'extérieur, c'est-à-dire par voie maritime ou par voie de terre ... C'est généralement de l'effet de réseau, c'est pas du tout anormal. Si le ciment allemand est plus compétitif que le ciment français et qu'il est à moins de 200 kilomètres de la frontière, franchement là, ... c'est la vie. ... Quand un ciment arrive d'un pays qui ... n'a pas ... la volonté de réduire l'empreinte écologique qui représente un coût, ... est-ce que c'est normal ? Il n'y a pas de raison économique d'importer du ciment. ... Personne n'investit dans une usine juste pour l'exportation. En fait, qu'est-ce qu'on fait ? On exporte le résidu à un prix marginal, et cetera, auquel on rajoute le prix de transport. Qu'est-ce qui faut faire ? Moi, c'est très clair, plutôt que de crier au loup, ... je crois que nous devons travailler sur notre compétitivité, sur l'innovation, et cetera, et demander, effectivement, aux pouvoirs publics, de faire jouer toutes les règles de concurrence comme il se doit ...

Stéphane Soumier
Monter des taxes, c'est pas le bon combat. Se protéger finalement, Bruno Lafond, c'est pas le bon combat.

Bruno Lafond
Non, ma réponse, c'est la compétitivité. La France a, comme le reste du groupe Lafarge, un programme de réduction de coûts. Et l'innovation. En France, on a été des pionniers en matière d'innovation dans le béton et c'est pour ça que je crois que le modèle de Lafarge en France ... va continuer à réussir. ... Il faut effectivement respecter l'industrie, il faut favoriser son industrie, il faut aussi donner la priorité à l'industrie et savoir que l'industrie, c'est pas juste des hommes, c'est des fonds très importants qui ont été investis pour très longtemps

Stéphane Soumier
Des actionnaires, vous avec le droit d'employer le mot … Bruno Lafond.Des actionnaires, vous avec le droit d'employer le mot … Bruno Lafond.

Bruno Lafond
...qui ne disparaissent pas comme cela. Donc, tout ça, il faut effectivement trouver la bonne rentabilité … mais au fond, c'est le dynamisme, c'est le service, c'est la proximité du client, et être en avance sur tous les autres qui nous permettra de gagner.

Stéphane Soumier
Est-ce qu'il vous semble à la hauteur du défi, le programme de réduction de coûts de la France ?

Bruno Lafond
Écoutez, il s'améliore de manière considérable. Je pense que la France va être, probablement cette année et l'année prochaine; dans une très très bonne posture par rapport aux autres pays de Lafarge.

Stéphane Soumier
Crédit d'impôt compétitivité emploi, ça, ça vous concerne directement … ?

Bruno Lafond
Je crois que c'est une bonne chose pour l'économie française, je regrette que ça ne profite pas suffisamment à l'industrie, une industrie comme Lafarge.

Stéphane Soumier
C'est-à-dire, ça monte trop haut ? 2,5 SMIC, c'est trop élevé ou c'est pas assez élevé ?

Bruno Lafond
C'est pas assez élevé.



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