Aujourd'hui, le téléphone mobile est partout sur le continent Africain. En 2000, il y avait 16 millions de mobiles actifs en circulation pour une population africaine de 800 millions d'habitants. Un téléphone pour 50 personnes. A la fin 2011, selon une étude de Wireless Intelligence, le nombre d'abonnés africains au téléphone portable atteignait 620 millions (supérieure à celui de l'Europe et en passe de devenir le deuxième marché continental de la planète après l'Asie, et devant l'Amérique) pour une population totale ayant désormais franchi le cap du milliard d'individus. Un téléphone pour moins de 2 personnes !

Aujourd’hui, le Nigeria, avec ses quatre principaux opérateurs télécom que sont MTN, Glo, Airtel et Etisalat, vient en tête avec  112 777 785 d’abonnés, suivit par l’Egypte avec  96 798 801.

Un saisissant raccourci de l'explosion de la téléphonie mobile au cours de la dernière décennie en Afrique, et qui aura révolutionné en profondeur des pans entiers du continent. Sur le plan économique, cette démocratisation massive du téléphone portable (60 % de taux de pénétration pour l'ensemble de l'Afrique) aura permis la constitution de grands groupes télécoms prospères qui opèrent le plus souvent à l'échelle de sous-ensembles régionaux (Orange, Bharti, Vodafone) et à la structure capitalistique africaine pour quelques géants du secteur (MTN, Orascom). Un impact économique qui au-delà de la constitution de quelques titans des télécoms panafricains, aura aussi permis à quelques habiles opérateurs privés de bâtir empire et de constituer fortune(Mo Ibrahim, Mike Adenuga, Cheikh Yerim Sow, Naguib Sawiris). Les télécommunications mobiles en Afrique, c'est un chiffre d'affaires global de 70 milliards € en 2010.

Une croissance aussi forte trouve son explication dans une convergence de facteurs favorables ; les principaux étant une réglementation favorisant la concurrence, l’implantation de nouvelles technologies et un effort marketing adapté aux besoins des usagers. Dominés un temps par des monopoles d’État, les marchés des télécommunications africains comptent désormais parmi les plus concurrentiels du monde, les autorités de régulation ayant octroyé un nombre croissant de licences et poussé les opérateurs à étendre les services proposés. Cette concurrence accrue a incité les opérateurs à réduire progressivement leurs prix, développer les réseaux et proposer de nouvelles offres afin de protéger leur part de marché et en obtenir de nouvelles. Un cercle vertueux dont les usagers africains auront été, comme ailleurs dans le monde, les grands gagnants.

En fin d’année 2012, l’Association mondiale des opérateurs télécom a déclaré que l’Afrique subsaharienne est devenue depuis 2000, le marché le plus croissant en matière de téléphonie mobile.Soit 40% de croissance chaque année.

Il est attendu un milliard d’abonnés mobile sur le continent en 2015, suscité par la forte demande en connectivité et des services innovants comme le mobile money et l’Internet mobile.

 



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VODACOM

  • Pays : Afrique du Sud
  • Group revenue : 5.300 M€ (CA global 2009)
  • Position : Opérateur de téléphonie mobile

Vodacom est le leader du mobile en Afrique du Sud. L'opérateur est également présent en RD Congo, Tanzanie, Mozambique et Lesotho. Vodacom dont 65% du capital appartient à Vodafone a connu des résultats mitigés en 2010. Des affaires de malversations ont notamment terni son image.


MTN

  • Pays : Afrique du Sud
  • Group revenue : 16.600 M$ (CA global 2010)
  • Position : Opérateur de téléphonie mobile

MTN est le plus important opérateur africain de téléphonie mobile. Il comptait 141,6 millions d'abonnés fin 2010. L'opérateur sud-africain a entamé en 2010 des négociations avec Orascom afin d'acquérir Djezzy, sa filiale la plus rentable. Le véto du gouvernement algérien a fait échouer l'opération. MTN n'a tout de même pas renoncé à prendre pied au Maghreb dans les années à venir.


Maroc Telecom

  • Pays : Maroc
  • Group revenue : 2,6 Mds €
  • Position : 1ère société de télécommunications au Maroc.


Wana corporate

  • Pays : Maroc
  • Group revenue : 0,6 Mds€
  • Position : 2ème opérateur de téléphonie mobile au Maroc avec 12 millions d'abonnés mobile


Mobinil

  • Pays : Egypte
  • Group revenue : 360 M€
  • Position : La première compagnie à tirer parti du système de GSM en Égypte


Vodafone Egypt

  • Pays : Egypte
  • Group revenue : N.A
  • Position : Une part de 44,3% du marché Egyptien


ORASCOM

  • Pays : Egypte
  • Group revenue : 1.000 M$ (CA global 2010)
  • Position : Opérateur de télécommunications

Le groupe égyptien Orascom est un des plus importants opérateurs de téléphonie mobile en Afrique. Il a été racheté par le russe Vimpelcom en mars 2011. Orascom possède de nombreuses filiales telles que Djezzy en Algérie. Orascom connaît un exercice 2011 difficile notamment en raison des troubles politiques récents en Egypte.


BSNL & MTNL

  • Pays : Malaisie
  • Group revenue : nc
  • Position : Opérateurs de télécommunications

Le groupe malaisien Al-Bukhari Group (BSNL) et le groupe indien Vavasi Group (MTNL) ont acquis en 2009 les filiales africaines du géant koweïtien Zain. Avec 65 millions d’abonnés et un CA de 4 milliards de dollars, Zain était devenu en quelques années le numéro 4 sur le marché du mobile en Afrique.


MEDITEL

  • Pays : Maroc
  • Group revenue : 500 M€ (CA global 2010)
  • Position : Opérateur de télécommunications

Meditel est un opérateur multiservices. Le numéro 2 des télécommunications au Maroc a cédé fin 2010 40% de son capital à France Télécom. Ce dernier souhaite porter sa participation à 49% d'ici 2015. Meditel s'intègre dans la stratégie de croissance sur les marchés émergents mis en place par l'opérateur français.



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Le marché du téléphone mobile en Afrique

Stéphane Richard, PDG Orange
Good Morning Business - Janvier 2015

Stéphane Soumier : Stéphane Richard est donc avec nous, le patron d’Orange. [...] Avec un grand sourire en cette fin d’année qui lui crée un nom, parce que ce n’est pas une victoire boursière que remporte Orange, c’est une victoire à plates coutures sur l’année… Attention, juste sur l’année 2014 ! Victoire à plates coutures sur l’ensemble du CAC40. Valeo qui est derrière ne croît que de 20% et vous, vous êtes au-dessus des 50. Alors je n’ai pas regardé le tout dernier cours avec le rallye d’hier. Ça bouge encore beaucoup ? Vous l’avez en tête la progression ? Juste…

Stéphane Richard : Par rapport au CAC, on doit être à 56.

Stéphane Soumier : Oui c’est cela, 56 sur une année. Alors, vous allez me dire ce n’est pas votre sujet et en même temps si vous êtes là, c’est que ça l’est un petit peu Stéphane Richard. Quelles explications vous donnez, vous, à ce qui a été cette croissance spectaculaire du titre Orange durant cette année 2014 ?

Stéphane Richard : Bon, déjà, si vous rencontrez un dirigeant d’entreprise, cotée, qui vous dit qu’il n’a rien à faire du cours de bourse, c’est que c’est un gros menteur. Bien sûr que c’est important, parce que les actionnaires font partie de la vie de l’entreprise.

Stéphane Soumier : Oui !

Stéphane Richard : Il y en a beaucoup d’actionnaires salariés aussi, on l’oublie trop souvent.

Stéphane Soumier : J’allais y venir !

Stéphane Richard :… Qu'est-ce qui explique cette performance ? Je crois qu’il faut être honnête ! Il y a d’abord un effet de rattrapage, parce que je pense que les deux dernières années, le titre avait baissé de façon excessive, je pense qu’il y a eu une surpondération de l’effet Free, d’ailleurs, de l’effet de l’arrivée du quatrième opérateur qui a généré énormément d’angoisse sur le modèle économique, sentiment de guerre des prix, sentiment que l’opérateur historique avec ses lourdeurs n’arriverait pas à y faire face. Je suis même sûr que vous, mon cher ami, vous avez dû pensé à ça peut-être avant.

Stéphane Soumier : Absolument !

Stéphane Richard : Voilà !

Stéphane Soumier : Mais on va en parler d’ailleurs.

Stéphane Richard : Donc !

Stéphane Soumier : … C’est la clé de tout, mais c’est la clé de tout !

Stéphane Richard : C’est la clé de tout, donc, les marchés pensaient ça globalement, pensaient qu’il n’y avait pas d’avenir, pensaient qu’on était un peu cuit quoi, qu’on était un peut mort ! Et puis finalement en 2014, ils se sont rendu compte qu’on s’en sortait pas mal, qu’on faisait des ventes, qu’on commençait à regagner progressivement des clients sur tout le monde et même, cher ami, depuis quelques semaines sur Free. Pourquoi, parce qu’ils se sont rendu compte que finalement, oui oui absolument, on a une portabilité positive, globalement, sur Free, depuis début novembre.

Stéphane Soumier : Je ne comprends pas ce que ça veut dire une portabilité positive ?

Stéphane Richard : Portabilité, ça veut dire qu’on a davantage de clients, de Free qui viennent chez nous, que de chez nous qui vont chez Free.

Stéphane Soumier : Sur quel type…

Stéphane Richard : Le solde…

Stéphane Soumier : … Sur le mobile, sur quel type… ?

Stéphane Richard : … Sur le mobile, sur le mobile, c’est ça qui est intéressant, c’est vrai aussi sur le fixe.

Stéphane Soumier : Mais…

Stéphane Richard : Sur le fixe, on a d’autres raisons…

Stéphane Soumier : … Ce sont des transferts avec…

Stéphane Richard : … qui l’expliquent !

Stéphane Soumier : … Sosh, avec la marque low cost davantage carrément

Stéphane Richard : Pas uniquement !

Stéphane Soumier: Pas uniquement !

Stéphane Richard : Pas uniquement, qu’est ce que ça illustre simplement ? Ça illustre une seule chose, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui se sont trompés, peut être aussi vous cher ami, sur la croyance absolue que dans ce secteur, le seul critère qui pouvait motiver les gens c’était le prix, et bien non. Il y a effectivement un segment du marché qui est très très attentif au prix à 1 euro, 2 euros ou 3 euros près, mais il y a une grande partie du marché des utilisateurs, environ 80% qui se déterminent, certes, sur le prix, mais pas uniquement. Et dans les autres critères, il y en a un qu’ils regardent tout particulièrement, c’est le réseau, la qualité du réseau, et les efforts que nous avons fait, nous, chez Orange en France…

Stéphane Soumier : A partir du moment…

Stéphane Richard : … Sur le réseau…

Stéphane Soumier : … Où les prix avaient baissé de 15 à 20%.

Stéphane Richard : Oui.

Stéphane Soumier : … C'est-à-dire la qualité du réseau…

Stéphane Richard : … Oui.

Stéphane Soumier : … devient prioritaire à partir du moment où les prix ont baissé.

Stéphane Richard : Oui, absolument ! Mais le cycle est bien celui-là, il y a eu une baisse très forte ! Le président de l’ARCEP le rappelait hier, dans son pot de départ, 42% de baisse de la facture mobile, depuis 2012, 42% de baisse de la facture mobile, de la facture moyenne en France, depuis 3 ans.

Stéphane Soumier : Stéphane Richard…

Stéphane Richard : Donc cette baisse, elle est intervenue, mais maintenant je dirais qu’il y a un retour à une appréciation qui est un peu plus équilibré, pondéré dans la décision du choix de l’opérateur et notamment la qualité du réseau et la qualité du service.

Stéphane Soumier : Je vais être très franc avec vous, je me suis gouré sur toute la ligne ! Un : sur effectivement le prima du prix, deux : sur la capacité de cette marque Sosh à s’imposer d’une manière ou d’une autre, trois et c’est le plus important : sur la capacité d’Orange à trouver dans ses propres ressources les moyens de surmonter cette vague. C’est ça le plus spectaculaire, c’est la façon dont cette entreprise, alors je ne vais pas dire, vous l’avez remise en tension, parce que vous allez dire que ce n’est pas vous qui l’avez remise en tension, mais c’est cette entreprise elle-même a réussi à se remettre en tension. C’est spectaculaire et au-delà de ça je trouve que c’est un message incroyable pour l’ensemble de notre pays si je vais au bout de ma pensée Stéphane Richard !

Stéphane Richard : Mais je crois que vous avez raison, c’est vrai que l’entreprise qui a affronté d’autres crises l’an passé, il faut dire, elle a cette extraordinaire capacité à trouver du ressort, c’est vrai de toute sa ligne managériale, c’est vrai de son équipe dirigeante, mais c’est vrai plus globalement de tous ses salariés. C’est vrai qu’en France on a subi cette vague très fortement, mais les gens n’ont jamais baissé les bras et ont toujours pensé que les… Il y a eu quelques moments…

Stéphane Soumier : … Il y a eu des moments de doute, il y a eu des moments de doute.

Stéphane Richard : Oui, oui, bien sûr, il y a eu quelques moments d’embêtements, mais pas tant que ça…

Stéphane Soumier : Non ?

Stéphane Richard : … Pas tant que ça, même au plus fort, je dirais du déferlement début 2012, il y a un attachement aussi, à l’entreprise, attachement à la marque.

Stéphane Soumier : Mais vous-même, vous décriviez, j’avais adoré cette phrase, « l’empire des injonctions contradictoires », et c’est en ça que c’est très intéressant, c’est que vous aviez aussi un actionnaire public, qui avait des injonctions contradictoires, qui voulait trouver le contraire de tout, qui voulait du pouvoir d’achat mais qui voulait aussi que vous ne touchiez pas aux emplois, c’est dans ces moments là, quand même, où on peut se dire waouh ! Comment on va faire ?

Stéphane Richard : Oui, oui, c’est vrai et en même temps après, il faut s’interroger sur la bonne façon de fonctionner sur nos organisations, sur... On a encore beaucoup de progrès à faire, on a encore beaucoup de progrès à faire et croyez-moi…

Stéphane Soumier : Réduction de coût quand même, si Orange a été en capacité de réduire ses coûts…

Stéphane Richard : Oui, bien sûr !

Stéphane Soumier : … de manière importante…

Stéphane Richard : Alors ça, c’est le volet économique, la réduction de coût !

Stéphane Soumier : Voilà, dont le cours de bourse.

Stéphane Richard : Evidement qu’aujourd’hui on compense, puisqu’on a un chiffre d’affaires qui continue à baisser un peu, avec les baisses de prix que j’ai évoqué tout à l’heure, mais on arrive à compenser 70% de la baisse des revenus par des réductions de coûts, 70 %, ce qui fait que notre marge, qui est d’à peu près 30%, est aujourd’hui stabilisée, et que je compte bien, dans les années qui viennent, commencer à la faire repartir vers le haut, non pas parce qu’on rêve de battre des records ou parce qu’on veut absolument enrichir nos actionnaires, c’est vrai aussi ! Mais c’est surtout parce qu’on a besoin de cet argent pour investir encore plus, encore plus fort pour accentuer la différence qu’on est en train de creuser avec les autres.

Stéphane Soumier : Parce que l’année 2014 c’est la victoire du réseau !

Stéphane Richard : L’année 2014 c’est la victoire du réseau et pas qu’en France en plus, parce que là on ne parle que de la France, il faut aussi voir que l’Europe est rentrée dans un cycle de consolidation, ça c’est très important pour les marchés aussi, les marchés aiment cette consolidation, non pas comme tout le monde le croit parce qu’il pense que ça va faire remonter les prix, mais parce qu’il pense que ça va introduire plus de rationalité dans les décisions économiques, notamment dans les décisions d’investissements et quelque part ça va conforter la rentabilité à long terme des investissements que nous devons faire.

Stéphane Soumier : Mais alors, dans ce cadre-là, pourquoi est ce que vous lâchez la Grande-Bretagne où vous étiez numéro 1 Stéphane Richard ?

Stéphane Richard : Alors, en Grande-Bretagne, Orange n’était plus vraiment présent en fait, parce que Orange, qui est né en Angleterre en 94, je le rappelle, a disparu de l’Angleterre il y a deux ans. La marque Orange n’existait plus en Angleterre.

Stéphane Soumier : Mais enfin, vous étiez toujours derrière une entreprise qui s’appelait EE là-bas

Stéphane Richard : Ensuite, qu’est ce que nous avions en Angleterre ? Nous avions 50% d’une entreprise qui s’appelle EE, Everything Everywhere qui est devenu effectivement un grand opérateur mobile, 50% codétenus avec les allemands, ça fonctionnait très bien contrairement à toutes les inepties que j’ai pu dire, on marchait très bien ensemble les allemands et nous, d’ailleurs, on a très bien négocié ensemble cette opération. Mais, il faut bien comprendre qu’on ne consolidait plus dans nos comptes, donc la manière dont l’Angleterre a été retracée dans les comptes d’Orange était zéro, c’était une dividende donc la participation qu’on avait en Angleterre, elle était purement financière, elle n’était plus liée à la marque…

Stéphane Soumier : Elle n’était plus opérationnelle,

Stéphane Richard : Elle était plus stratégique, elle était plus opérationnelle, donc à partir du moment où on a estimé…

Stéphane Soumier : Oui oui, mais vous qui voulez être consolidateur, vous n’aviez pas là une base de consolidation, c’était trop compliqué de garder la coentreprise avec les Allemands.

Stéphane Richard : La seule carte de consolidation qu’on aurait pu jouer, aurait été de prendre le contrôle de British Telecom

Stéphane Soumier : Ah d’accord !

Stéphane Richard : … Et ça, honnêtement !…

Stéphane Soumier : Trop gros !

Stéphane Richard : … Pour nous, trop gros, les allemands, on verra s’ils y arrivent. Peut être que c’est davantage leur approche des choses. Mais c’est vrai que pour nous Orange, nous estimons que nous avons ailleurs en Europe et dans la zone Afrique et Moyen-Orient, dans laquelle les allemands ne sont pas, je vous rappelle, qu’une zone de forte croissance, nous avons d’autres opportunités qui font qu’au total, les conditions financières de cette opération qui sont exceptionnelles, British Telecom paye, va payer EE pratiquement huit fois son ebitda, ce qui pour un opérateur mobile seul est remarquable.

Stéphane Soumier : Deux questions rapides Stéphane Richard, puisqu’on est presque au bout et elles sont très importantes. D’abord, l’Afrique, cotation à part de la filiale africaine, ça a été une idée qui a été émise à un moment ou à un autre, vous en êtes où ?

Stéphane Richard : Ça reste une option possible, mais ce n’est pas le but. Pour l’instant, ce que nous faisons c’est que nous la constituons cette filiale Afrique…

Stéphane Soumier : Les marchés adoreraient ça hein !

Stéphane Richard : Peut être mais écoutez, je ne ferai pas ça pour faire plaisir aux marchés, mais…

Stéphane Soumier : D’accord !

Stéphane Richard : Mais l’intérêt de… D’abord, c’est d’avoir la coquille, donc, la coquille elle n’existait pas, nous allons l’avoir dans quelques mois, nous aurons Orange Afrique, et à partir de là, on verra ce qu’on fait, la cotation est une des possibilités, mais si on la fait, ça ne sera que pour avoir une monnaie d’échange pour grandir en Afrique et au Moyen Orient.

Stéphane Soumier : Deuxième question encore plus importante : vous êtes en ce moment en offensif en Espagne, et la commission européenne dont on pensait qu’elle avait compris qu’elle était, enfin, tout on pensait, qu’elle était passé justement du stade de la concurrence au stade de la puissance, elle est réticente à l’offensif que vous faites en Espagne. Comment est-ce que vous regardez ça ?

Stéphane Richard : On le regarde avec beaucoup d’attention, moi je reste fondamentalement optimiste, puisque je ne vois pas la commission bloquer une opération qui, en fait, est la seule qui permet à l’Espagne d’avoir trois grands opérateurs convergents. Puisqu’aujourd’hui vous en avez deux, il y a Telefonica et Vodafone qui a fait une grosse opération d’acquisition. Si la commission empêche Orange d’acheter Justel, ça veut dire qu’elle cautionne le fait que le marché espagnol n’aura que deux grands opérateurs, contrairement…

Stéphane Soumier : Elle dit un truc très intéressant la commission, enfin croit-on comprendre, qui est peut-être un guide d’ailleurs ? Pour les prochaines années de concentration européenne, elle dit ok, que vous passiez à trois, mais je ne veux pas que les prix remontent. C’est ça qu’elle dit la commission ?

Stéphane Richard : Oui, mais la commission n’a quand même pas comme unique, d’abord, objectif de politique public, de s’occuper des prix de détails de nos services dans toute l’Europe.

Stéphane Soumier : Elle a l’air de le croire !

Stéphane Richard : Ça, je pense que c’est une erreur absolue, non pas que ça ne soit pas légitime de le faire, mais ce n’est pas dans les attributions de la commission de fixer… Parce que, sinon, on va devenir un continent communiste, cher ami ! Si on commence à avoir des pouvoirs publics qui nous fixent dans le détail, tous les prix de détails…

Stéphane Soumier : Non ! Mais…

Stéphane Richard : … Partout en Europe…

Stéphane Soumier : … Ça peut être...

Stéphane Richard : … Oui, mais c’est… On n’en est pas très loin, on en est pas très loin !

Stéphane Soumier : … Elle veut bien vous redonner plus de puissance, mais elle ne veut pas que ça se fasse sur le dos du consommateur, voilà !

Stéphane Richard : Mais le consommateur, ce qui serait pénalisant pour lui c’est d’avoir deux grands groupes qui se partagent le marché. C’est ça qui serait pénalisant pour lui. Donc, moi je pense que notre opération, elle est profondément dans le sens de la… dans l’intérêt de la concurrence et du consommateur, sachant qu’en Espagne les prix ont énormément baissé et moi je le dis très simplement, en Espagne comme en France, la marge de baisse des prix, elle est quand même limitée. Maintenant, toutes ces opérations ne sont pas faites pour remonter les prix. Ça, je veux quand même le dire parce qu’il est impossible aujourd’hui, dans la société dans laquelle on est, avec les usages du numérique que l’on a et l’intensité concurrentielle qu’on a là, il est impossible de remonter les prix de façon substantielle et rapide, c’est impossible. Donc, oublions ça, enlevons ça de la tête de tout le monde, et nous allons essayer de démontrer à la commission notre bonne foi dans l’intérêt industriel de cette opération et aussi l’intérêt pour le consommateur et la concurrence en Espagne.

Stéphane Soumier : [...] Le patron d’Orange sur BFM Business !



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